Formes et techniques : Shicho et Geta

Nous allons parler de deux techniques de capture de pierres, le shicho et le geta. En fin d’article, vous pourrez résoudre quelques problèmes vous permettant de vous familiariser avec ces techniques.

Une petite précision pour la suite de l’article, et pour les prochains articles à paraître : le joueur blanc et le joueur noir pourront être désignés seulement par la couleur de leurs pierres, soient blanc et noir.

Le shicho :

Shicho est un terme japonais pouvant se traduire par escalier. On emploie également le terme anglais ladder pour parler de la même chose. Mais pourquoi parler d’escalier au jeu de go ?

Exemple :

Ici la pierre blanche marquée n’a plus qu’une liberté, symbolisée par la croix, elle est donc en atari. Blanc peut donc jouer sur cette croix pour sauver sa pierre, car ainsi, le groupe de deux pierres qu’il formera aura deux libertés. Voyons ce que répond le noir dans ce cas :

Le joueur noir répond avec la pierre 2, et le groupe blanc se retrouve de nouveau avec une seule liberté, symbolisé par la croix : il est encore en atari ! Il peut donc essayer de sauver ses pierres une nouvelle fois en jouant sur la croix, mais noir va user de la même technique et après 6 coups, les deux joueurs se retrouveront dans la position suivante :

Encore une fois, les pierres blanches sont en atari ! Blanc peut essayer de sauver ses pierres, mais peut-être l’aurez vous compris, noir va user de la même technique pour maintenir le groupe de pierres blanches en atari. Si blanc s’obstine à vouloir sauver ses pierres et continue sur l’ensemble du goban, les deux joueurs se retrouveront dans la position suivante :

Malgré le magnifique escalier formé par les pierres blanches, noir n’a plus qu’a jouer sur l’intersection marquée par un carré pour capturer le groupe entier de pierres blanches ! En fait, blanc n’aurait pas dû essayer de sauver sa pierre dès le départ, car elle allait se faire capturer dans une forme d’escalier, ou shicho.

Un shicho est une technique de capture qui maintient les pierres visées en atari.

Dans l’exemple précédent, on voit que si blanc essayait de sauver son groupe de pierres, celui-ci allait prendre une forme d’escalier suivant une diagonale du goban. Que se passe t’il si une pierre blanche est placée sur le chemin ?

Exemple :

Ici, la présence de la pierre blanche marquée va changer la donne. Voyons cette fois ce qu’il se passe si blanc décide de sauver sa pierre prise dans la forme noire.

Après la séquence ci-dessus, les pierres blanches sont sauvées grâce à la pierre blanche marquée ! On appelle cette pierre un briseur de shicho, ou ladder breaker en anglais, car elle arrête le shicho et sauve le groupe de pierres blanches attaqué.

En fonction du reste du goban donc, une pierre prise dans un shicho peut être sauvée ou capturée. Pour distinguer le cas dans lequel on se trouve, il convient de visualiser dans sa tête la séquence de coups qui va suivre si on essaie de sauver (ou de capturer) cette pierre. On appelle ça « lire » la séquence de coups. Pour travailler ses facultés de lecture, le mieux est de s’efforcer lors d’exercices ou de partie réelles à visualiser dans sa tête les séquences de coups probables.

Le geta :

Le geta est un terme japonais pouvant se traduire par filet. Comme son nom l’indique :

Le geta est une technique permettant de capturer des pierres en les enfermant dans un « filet ».

Exemple :

La pierre blanche marquée est ici prise au piège dans le filet, ou geta, dressé par noir. Bien qu’elle n’est plus qu’une liberté, elle ne peut pas s’échapper et est donc capturée. Voyons voir si blanc essaie de sauver sa pierre :

Il pousse en 1, mais noir joue 2. Puis si blanc repousse en 3, noir n’a qu’à jouer sur l’intersection marquée pour capturer les trois pierres blanches, car elles sont en atari. Ainsi, la pierre blanche était belle et bien prise au piège ! Regardons un autre exemple de geta :

Exemple :

Ici encore, les deux pierres blanches marquées sont prises au piège dans le geta de noir. Même si ces deux pierres blanches ont trois libertés, elles ne peuvent pas s’échapper. Vous pouvez par vous même vérifier dans l’exercice en fin d’article si vous avez bien compris pourquoi.

Voici un dernier exemple de geta, plus complexe cette fois :

Exemple :

 

Dans cet exemple, les trois pierres blanches marquées semblent pouvoir s’enfuir. Pourtant, grâce à la présence de la pierre noire, elles sont bel et bien capturées. Vous pouvez découvrir pourquoi à travers cette explication interactive :

 

Download SGF

 

Cet exemple riche en variation montre bien la force du geta dans certaines situations. Car pour fonctionner, un geta n’est dépendant que de la position locale dans lequel il se trouve, alors que pour un shicho, la position globale du goban et notamment sur la trajectoire du shicho doit être favorable. C’est pourquoi lorsqu’on peut, il vaut mieux privilégier un geta à un shicho lors de la capture des pierres.

Voici maintenant 8 exercices pour vous familiariser avec le shicho et le geta :

 

 

J’espère que ça vous a plus !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *