Formes et techniques : Formes usuelles – première partie

Le jeu de go est un jeu de formes qui se dessinent sur le goban au cours de la partie. Nous verrons dans cet article les formes usuelles suivantes :

  • Le Nobi, Tobi et Nikken-tobi
  • Le Keima et l’Ogeima

Nobi, Tobi et Nikken-tobi :

Le Nobi :

Le Nobi est la forme prise par deux pierres de même couleur partageant une liberté, comme sur le diagramme ci-dessous. On dit que ces deux pierres sont « connectées ».

Cette forme est très solide, car blanc ne peut pas déconnecter ces deux pierres noires. Mais c’est également une forme lente, car elle ne couvre que peu d’espace sur le goban.

Le Tobi :

Le Tobi est la forme prise par deux pierres d’une même couleur séparées par une intersection, comme sur le diagramme ci-dessous :

C’est une forme plus rapide que le Nobi car elle couvre un plus grand espace avec le même nombre de pierre. Elle est également plus flexible, car l’une des deux pierres peut être capturée sans que l’autre ne le soit du fait de l’intersection entre les deux pierres. Mais cette intersection en fait une forme moins solide que le Nobi.

Dans la séquence ci-dessus, blanc créé deux points de coupe dans la forme noire (intersections marquées). Ces deux points sont localement miaï : ce sont deux options équivalentes. Si noir connecte sur l’une des intersections, blanc peut jouer sur l’autre et coupé une pierre noire. C’est une séquence qui permet donc à blanc de couper une pierre noire, ce qui souligne la légère fragilité du Tobi.

Miaï : terme désignant deux options équivalentes.

Le Nikken-tobi :

Le Nikken-tobi est la forme prise par deux pierres d’une même couleur séparées par deux intersections, comme sur le diagramme ci-dessous :

C’est une forme plus rapide que le Tobi (et donc encore plus que le Nobi). Elle est très flexible et est utilisée lorsque que l’on veut « courir » vite hors d’un territoire ennemi. Les deux intersections séparant les pierres en font une forme plus faible que le Tobi, facilement séparable. C’est une forme privilégiant donc la légèreté à la solidité.

Pour couper cette forme, blanc peut choisir entre le coup A ou B du diagramme ci-dessous :

Par exemple, Blanc joue A et tente de couper les deux pierres noires. Si noir essaie de connecter ses pierres, il en résulte la séquence présentée sur le prochain diagramme, où noir est coupé en deux (ainsi que blanc). Il peut ensuite capturer la pierre 3 en shicho  avec un coup en 6, mais alors blanc peut jouer 7 et couper la pierre noir marquée.

Blanc peut également choisir de sortir la pierre 3 si le shicho n’est pas bon pour noir (voir cours sur les shichos) comme sur le diagramme ci-dessous. Noir doit alors faire attention à la coupe (intersection marquée).

 

Keima et Ogeima :

Le Keima :

Le Keima, ou saut de cheval, faire référence au knight’s move, le déplacement du chevalier au shogi. C’est la forme prise par les deux pierres noires ci-dessous :

De la même manière que le Tobi, ce coup possède des faiblesses en A et B. Blanc peut donc essayer de couper le Keima en jouant en A ou B, suivant la situation alentours. Voyons ce qu’il se passe lorsque blanc joue en A :

Noir essaie de connecter ses pierres avec 2, blanc joue 3 et coupe les pierres noires. Mais noir peut jouer 4 et prendre la pierre 1 en shicho. Il faut donc que blanc fasse attention au shicho avant de couper !

Si blanc coupe avec B, le shicho sera de l’autre coté (par une rotation à 180°). Dans ce cas aussi, le shicho est à prendre en compte.

Ainsi, le Keima est fortement lié à la technique du shicho, il est donc important de bien maitriser cette technique.

L’Ogeima :

L’Ogeima, ou grand saut de cheval, est la forme prise par les deux pierres noires ci-dessous :

Ce coup est pour le Keima ce que le Nikken-tobi est pour le Tobi : il est plus rapide, plus léger mais possède donc plus de faiblesses, car l’espace entre les deux pierres est plus grand. Il est donc plus facile pour blanc de le couper. Voici une des façons :

Blanc joue 1 et noir essaie de relier ses pierres avec 2, puis blanc coupe en 3 et enfin noir coupe blanc en 4. On voit alors que si blanc développe l’une de ses pierres avec 5 par exemple, noir peut capturer l’autre en shicho avec 6. Ces deux options sont miaï. Ainsi pour jouer cette séquence, il faut de la même façon qu’avec le Keima faire attention aux shichos.

Bien sûr, toutes les séquences présentées dans cette article ne sont que des exemples, il arrivera dans vos parties que vous tombiez nez-à-nez avec d’autres séquences. Dans ce cas, vous aurez des repères auxquels vous rattacher pour alimenter votre réflexion.

Vous trouverez en dessous un petit résumé interactif du cours, bon jeu à vous !

 

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